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Composé de trois huiles sur bois placées verticalement, le triptyque devient une oeuvre horizontale. Cette disposition, si fréquente dans le travail de Daniel LeBlond, correspond, dans une certaine mesure, à l'équilibre entre ces deux dimensions qu'il est souhaitable de garder dans la vie. Ce qu'on fait pour le ciel doit se voir sur la terre. Ce qu'on fait sur terre doit servir le ciel.

 

"Nous marchons sur le ciel" nous propose, comme dans une extase, de contempler la terre d'en haut, et de jeter un coup d'oeil sur un autre monde où les catégories de temps et de lieu n'ont plus cours. S'il est vrai que l'oeuvre n'est pas figurative, les suggestions, les évocations, en revanche, sont multiples et il appartient à chacun de les définir selon sa sensibilité. Ainsi, je crois distinguer un visage rouge d'apparence féminine et en contrepoint un autre bleuâtre, plutôt masculin. Tous deux me font penser aux anges colorés des tableaux primitifs. Au bout d'un lac bleuté, où flotte une forme rougeoyante, s'élève une sorte de statue claire comme un corps glorieux. Des arcades majestueuses semblent appartenir à une cathédrale disparue dont les voûtes nervurées rappellent le Duomo de Milan. Surgi de frondaisons sombres un donjon médiéval se découpe sur un ciel qui vire au mauve. "Le ciel sur lequel nous marchons" a les couleurs à la fois sourdes et somptueuses d'un soleil couchant. La pesanteur n'existant plus, ce qui est en bas est semblable à ce qui est un haut.

nous marchons sur le ciel

daniel leBlond